Sora pourrait connaître une seconde vie, cette fois sur les plateaux de cinéma. Selon The Information, la start-up cofondée par Jeffrey Katzenberg, cofondateur de DreamWorks Animation, Bill Peebles, ancien responsable de la recherche sur Sora chez OpenAI, et Sujay Jaswa, ex-directeur financier de Dropbox, est en négociation pour obtenir un accès approfondi au modèle vidéo que l'entreprise de Sam Altman a mis en sommeil.
D'après les termes en discussion, la jeune société, dont le nom n'a pas encore été dévoilé, pourrait personnaliser largement Sora et commercialiser des logiciels construits sur cette base à destination des cinéastes. En contrepartie, OpenAI recevrait une participation au capital dont le montant n'a pas été rendu public. Aucun accord n'est signé à ce stade.
Un trio entre Hollywood, la recherche et la finance
Le projet avait été révélé début septembre : il s'agit de développer des outils de vidéo générée par intelligence artificielle pensés pour les professionnels du cinéma, et non pour le grand public. Katzenberg et Jaswa dirigent déjà ensemble le fonds d'investissement WndrCo. Le premier apporte des décennies d'expérience dans l'animation et la production hollywoodienne — mais aussi les leçons de l'échec de Quibi, sa plateforme de vidéos courtes fermée quelques mois après son lancement en 2020. Le second apporte son savoir-faire en construction d'entreprise, tandis que Bill Peebles connaît Sora de l'intérieur, pour l'avoir conçu et dirigé.
Un modèle abandonné pour cause de coûts
Lancé en grande pompe, Sora a été l'un des produits grand public les plus visibles d'OpenAI après ChatGPT. Mais l'entreprise a annoncé au printemps l'arrêt de Sora, six mois seulement après la sortie de son application autonome, mettant fin dans la foulée à son partenariat avec Disney, qui prévoyait un investissement d'un milliard de dollars. En cause : des coûts de calcul jugés insoutenables, alors qu'OpenAI resserre ses priorités autour du code, du raisonnement et de ses offres pour les entreprises. Bill Peebles a quitté OpenAI quelques semaines plus tard.
L'accord en discussion offrirait ainsi à OpenAI un moyen de valoriser une technologie coûteuse sans en assumer l'exploitation, et à la start-up un raccourci technologique considérable sur un marché déjà disputé par Veo de Google, Runway ou Kling. Reste à convaincre les cinéastes eux-mêmes, dans une industrie où l'arrivée de l'IA générative suscite toujours de vives inquiétudes sur l'emploi et la création.
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