Ali Ghalem, Roschdy Zem, Jamel Debbouze, Hafsia Herzi… Depuis les années 1960, le cinéma français s'est nourri de cinéastes, d'acteurs et d'actrices issus de l'immigration maghrébine. Des films devenus des jalons, comme La Haine ou Indigènes, ont durablement modifié le visage du septième art en France. Pourtant, cette histoire n'avait encore jamais fait l'objet d'un récit d'ensemble. C'est ce manque que vient combler l'exposition « Une histoire du cinéma français. Héritages maghrébins », qui ouvre ses portes ce 30 octobre au Musée national de l'histoire de l'immigration, au Palais de la Porte Dorée, à Paris.
Changer de point de vue : les artistes plutôt que les clichés
Le parti pris est clair : plutôt que d'interroger la manière dont l'écran a représenté les immigrés, l'exposition se place du côté de celles et ceux qui ont fait les films. Six décennies de création sont ainsi retracées, des pionniers des années 1960 et 1970 aux talents d'aujourd'hui. Pour la commissaire Clémentine Deroudille, qui revient sur ce projet dans un entretien accordé à RFI, cet héritage n'a rien d'acquis : il a été conquis de haute lutte par des générations d'immigrés et de leurs enfants, longtemps tenus aux marges des récits.
Affiches, storyboards et César
Le parcours s'appuie sur des extraits de films, des affiches, des photographies de tournage, des storyboards, des archives de presse et même des objets emblématiques du cinéma, comme des statuettes des César. L'exposition est conçue par Clémentine Deroudille et Lucile Humbert Beldjoudi, chargée de projets audiovisuels au musée et créatrice de la résidence cinéma Horizons, avec Chloé Dupont, chargée d'exposition. Elle s'adresse autant aux cinéphiles qu'aux curieux d'histoire contemporaine, et rappelle combien ces artistes ont apporté de nouveaux récits, de nouveaux visages et de nouvelles formes au cinéma français.
Infos pratiques — « Une histoire du cinéma français. Héritages maghrébins », du 30 octobre 2026 au 21 mars 2027, Musée national de l'histoire de l'immigration, Palais de la Porte Dorée, 293 avenue Daumesnil, Paris 12e. Entrée de 9 à 12 €.
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